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Photographe Saint Malo | Yann Chollet | Journaliste | Redacteur professionnel | Chargé de communication

Photographe professionnel à Saint-Malo depuis plus de 20 ans. Chargé de votre communication en externe pour élaborer votre stratégie publicitaire ! Rédacteur spécialiste au service de l'écriture et de publications diverses. Rédactionnel - Des articles pour donner un sens à l'image de votre entreprise. Photographe professionnel sur les secteurs de Saint-Malo, Dinard, Dinan, Bretagne. J'écris vos articles, rédactionnels pour vos sites internet ou plaquettes, vos publis, vos chansons. Photographe à Saint-Malo, faites le bon choix : Yann Chollet, prix compétitifs en photographie comme en rédactionnel.

Le destin Gore du Petit Porc des Côtes d'Armor

Publié le 26 Mai 2021 par batistes

Depuis quelques années, on entend parler des souffrances animales. Régulièrement les vidéos ou photographies volées des L214 font la Une. 

 

Fort de constater que cela ne date pas d'hier. En juin 2001, dans le magazine LE VRAI PAPIER JOURNAL de Karl Zéro, j'écrivais une enquête réalisée auprès de la filière porcine française et particulièrement celle des Côtes D'Armor.

Un article dans lequel le lecteur découvrait les dessous de la filière porcine à travers quelques images chocs prisent dans les élevages porcins, des abattoirs, chez les transporteurs.

La filière porcine le bien être animal.
En 2001, je racontais l'histoire de la filière porcine en Bretagne.

Entre 2001 et 2021, il y a 20 ans qui sont passés. Les algues vertes continuent de salir nos plages, l'eau est toujours polluée, les bêtes toujours élevées d'une façon similaire. A croire que le monde évolue lentement, très lentement.

 

Vous trouverez en fin de cet "Extrait" d'article, un lien pour lire l'article dans sa globalité au format PDF.

"Extrait"

 "La vache et le mouton n'ont plus la cote ? Il reste le goret. Yann Chollet a suivi la filière !

...On croit la connaître mais il y a toujours à découvrir. Sa mer est belle, d'émeraude dit-on ! Ses paysages paradisiaques, la verdure partout. A force de se balader sur les plages en Bretagne, on oublierait presque de s'égarer dans les terres. Pourtant à une dizaine de kilomètres, ça renifle déjà. Une odeur peu commune pour le citadin distrait. Intrigué, j'ai suivi l'effluve et compris le pourquoi. Oui, c'est vrai, je l'avais oublié, l'industrie porcine est une réalité par ici. Le parfum vient des champs, des épandages du lisier. Autrement dit de la merde de cochon fermentée. Les mouches adorent. Certes vingt-quatre milles personnes vivent directement de la filière chez nous. Des abattoirs gigantesques, sept mille exploitations, des fabricants d'aliments. Les grosses centrales d'achat viennent faire leur marché ici, à prix Tati (elles son maîtres du territoire, distribuant 80% des produits frais ou jambons, un vrai monopole !). Affirmatif : la Bretagne est un pilier en matière de production...de nitrates. Avec un département très représentatif, plus que les autres, les Côtes de Porc... Euh d'Armor, 20% de la part de production porcine française.......

la filière porcine avec des images de porcs chocs. Porc image choc !
Article complet sur la filière porcine en cliquant sur le lien à la fin de l'extrait.

....A part le jambon dans l'assiette, le filet ou la côte, que sait-on vraiment de la bête ? De cet "or rose" ? Moi, en citadin ignare, je suis parti voir d'où venait l'odeur et si les petits cochons s'amusaient toujours avec le grand méchant loup à travers les champs. Jamais je n'aurais pensé que l'animal à quatre pattes vivait une vraie vie de cochon industriel. Sans voir le soleil, en cent quatre-vingt jours, il passera de un à cent kilos. A respirer continuellement ses déjections parfumées à l'ammoniac. Né de l'insémination artificielle comme 80% de ses congénères, l'histoire de Cochonnet m'interpelle. De la naissance à la barquette, c'est la chronique d'une mort annoncée. Une réalité crue, un voyage où les sentiments sont à mettre de côté. Ames sensibles s'abstenir.

Bonjour la porcherie

D'abord des départementales, puis des petites routes menant vers des lieux-dits. Je m'égare en rase campagnes, au hasard, en quête de découverte. Rapidement, j'en aperçois une, deux, dix. Les exploitations ont poussé comme des champignons. On ne peut pas dire que les porcheries inspirent la poésie : des parpaings superposés, des plafonds bas chapeautés de sortes de tôles ondulées. Quelques arbres maladifs autour, des minuscules fenêtres, une petite porte pour entrer. Pourvu qu'on la trouve. Celle-ci est de taille moyenne pour le département, deux cent truies y vivent, mille quatre cent places sont disponibles. C'est donc là que l'animal Moi qui pensais qu'il gambadait en liberté. Non, sa maison n'est ni de paille, ni de bois, mais de béton. Une espèce de camps de la mort qui ternit le paysage...

Article complet en cliquant sur le lien en bas de page sur la filière porcine.

...entrer dans une porcherie n'est pas chose évidente. L'odeur y est forte, insupportable. Passé ses freins olfactifs, ses préjugés, avant de pénétrer au cœur du cauchemar, mieux vaut se documenter pour saisir les différences. Une truie qui n'a pas encore fait des petits, c'est une cochette d'environ cent cinquante kilos. Le mâle (cent de plus) se nomme verrat, nous explique notre hôte :"Rien que de voir passer le verrat, les truies sont excitées. On leur enfile une sonde dans la vulve et on raccorde la dose de sperme réchauffé à 35°. Ca va vit." Dans les exploitations bien outillées, on peut farcir jusqu'à trente bêtes à l'heure....

Les 180 jours de cochonnet

...dans les caillebotis, nom des boxes, je l'aperçois, il a bien changé. L'émanation est intenable. Normal puisque sous lui, ses déjections se sont transformées par fermentation en lisier. Fleur de lisier, parfum à l'ammoniac volatile. Douce odeur de Bretagne, terre de l'épandage. Rester plus de cinq minutes, c'est se condamner à la douche. Cheveux, vêtements, peau, la puanteur est telle qu'elle s'imprègne partout. Pas étonnant que les pneumonies soient fréquentes chez l'animal à ce stade. Soignées aux antibiotiques. Quant aux diarrhées, un bon plâtre gastrique fait l'affaire...

Ci-gît Cochonnet

...de notre cochonnet né de l'insémination artificielle, il ne reste que quelques barquettes que j'irai acheter demain à la grande surface. En espérant que, d'ici là, l'appétit me revienne. Pourtant, "il faut manger pour vivre" disait Molière. En attendant, je retrouve la côte, ses vagues aux crêtes blanches, ses mouettes, scrutant l'horizon. Car, à mes pieds, ce sont des algues vertes que je vois. Un gros tas en train de pourrir au soleil, dont l'odeur me rappelle trop le mal de vivre de mon ami Cochonnet : moi, je vois la vie en rose."

 

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